Les deux bâtiments concernés par ce projet sont d'anciens hangars de remisage d'aéronefs avec appentis attenants. A l'exception de leur couverture, qui ont été remplacées (en 1990 pour le 1017 et en 2006 pour le 1018), aucun travaux d'entretien n'ont été effectués sur leur ossature métallique depuis leur construction, en 1957 - 1960. S'agissant des appentis, ceux du bâtiment 1017 sont réhabilités mais ceux du 1018 sont vétustés. Il convient donc de consolider l'existant avant de le valoriser :

A. Consolider l'existant
(bâtiments 1017 et 1018)

•  Pacification et remise en peinture des structures métalliques, notamment des pieds de poteaux
qui sont très corrodés par endroit.
•  Renfort de l'ossature métallique pour mise aux normes « neige et vent »
•  Dépose et remplacement des bardages de tôle
•  Remplacement des portes roulantes donnant sur les pistes par des portes type accordéon empiétant au minimum sur les espaces d' 'exposition. (Une commande électrique n'est pas indispensable. Le surcoût d'un système automatique n'est pas justifié compte tenu de la faible fréquence d'ouverture des portes )

•  Réfection des sols (pose d'une chape
compatible avec un système de chauffage au
sol décrit ci après)

•  Réfection des appentis du bâtiment 1018

B. Assurer la sécurité des biens et des personnes


Aux normes prévues dans les établissements recevant du public s'ajoutent un certain nombre d'exigences concernant la sécurité des collections exposées, requises pour l'obtention future du label « Musée de France »

normes ERP

Certains travaux de mise aux normes ERP doivent être effectués :
•  Exutoires de fumée au bâtiment 1017.
•  Ouverture d'issues de secours supplémentaires

Incendie

- Installation d'un système de détection et d'alarme incendie avec report au PCP pour tout le
bâtiment
Intrusion, vol, dégradation
•  Inslailaton d'une alarme anti intrusion avec report au PCP

C. Améliorer les conditions de conservation des collections et de confort des visiteurs

Actuellement, le hangar du musée est dénué d'isolation et dépourvu de chauffage. Les conditions de conservation sont désastreuses : les écarts thermiques sur des cycles courts (jour/nuit) ou longs (succession des saisons) sont des facteurs de dégradation, ainsi que l'exposition à la poussière et aux « nuisances aviaires ». Par ailleurs, les larges baies de lumière zénithales pratiquées dans la toiture laissent filtrer un rayonnement lumineux intense très nocif pour les collections. S'agissant des aéronefs, les bulles de plexi s'opacifient, les mousses, plastiques et caoutchoucs sèchent et se délitent, les peintures s'affadissent. Quant aux uniformes, ils se décolorent et se dégradent très rapidement, soumis aux UV le jour et au rayonnement lunaire la nuit. C'est la pérennité du patrimoine de l'ALAT qui est aujourd'hui menacée. En conséquence, les travaux de réhabilitation doivent prendre en compte ces impératifs deconservation des collections. L'étanchéité des bâtiments doit être parfaite. Le bardage doit être isolant ainsi que la couverture qui doit par ailleurs être dépourvue de toute baie laissant filtrer la lumière naturelle. Une solution visant à tempérer le climat en hiver à l'intérieur des hangar doit être recherchée, en évitant de préférence tout système d'air puisé, générateur de poussière, (chauffage au sol de préférence) Ces solutions rendront du même coup la visite beaucoup plus supportable en hiver pour le public et une ouverture du musée à l'année pourra être envisagée.

En conséquence, il est proposé de :

•  Doubler tes bardages par une double cloison intérieure

•  Assurer l'isolation de la toiture sous rampant

•  Recherche d'un système de chauffage adéquat

•  Création d'une chaufferie (solaire ou géotermie de préférence)

Protection de Venvironnement - développement durable

Le choix d'une construction de haute qualité environementale est à rechercher. Opter pour une énergie renouvelable permettrait d'obtenir des subventions supplémentaires et des aides fiscales (les surfaces en présence peuvent permettre d'envisager l'installation de panneaux solaires). Cette option permettrait également à ce chantier d'apparaître comme exemplaire en terme de développement durable et pourrait être associée à une réflexion sur le choix des matériaux (recyclables). Par ailleurs, un tel choix permettrait de réduire sensiblement le coût de fo nctionnement du futur musée.

II Valoriser la présentation des collections

Les travaux décrits ci-dessus visent à convertir les deux bâtiments existants en « boîtes noires » étanches où un climat constant peut être maintenu à l'année et où le patrimoine exposé sera à l'abri de toute dégradation. Cependant, ces travaux doivent également prendre en compte dès l'origine la scénographie dont seront entourées les collections :

Un éclairage approprié sera mis en place. L'éclairage est en effet le meilleur moyen de découper l'espace, de mettre en valeur les collections et de donner une ambiance particulière aux différentes séquences proposées à la visite Des cloisons scénographiques seront installées afin de compartimenter les volumes et isoler les différentes séquences Des bornes interactives seront disposées le long du parcours. Certains aéronefs seront présentés en hauteur sur des pylônes de façon à « investir la troisième dimension » et d'utiliser au mieux le volume disponible.

III. Construction d'un nouveau bâtiment faisant jonction entre les bâtiments 1017 et 1018.

Une fois les deux bâtiments réhabilités se pose le problème de leur jonction. Un espace de 900 m 2 est disponible entre les deux bâtiments. Cette emprise peut être utilisée pour créer un bâtiment central occupant plusieurs fonctions :

•  Hall d'accueil des visiteurs

•  Boutique de vente

•  Lieu de distribution de l'espace et d'articulation du parcours de visite

•  Hall d'expositions temporaires

•  Hall de réception / salle de conférences

•  Lieu de restauration rapide

•  Vue panoramique sur les pistes aéronefs

•  Terrasse belvédère

Ce bâtiment donnerait une cohérence à l'ensemble. Il serait particulièrement soigné, pourrait faire l'objet d'un traitement architectural audacieux. Lieu d'accueil, point de convergence et centre névralgique du musée, c'est lui qui donnerait une unité à l'ensemble, marquerait son identité, signerait I' « esprit des lieux ». Il pourrait être doté d'une terrasse belvédère avec vue sur les pistes et point de restauration rapide.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 




TEXTES :
source :service communication
du musée de l ALAT et de L ' HELICOPTERE

PHOTOS M. DANOS

CI-SESSUS
HILLER 360
Servit dès 1953 dans l 'armée française engagée en Indochine ; de nombreuses missions sanitaires furent effectuées avec cet appareil

CI-CONTRE

MI 8 de conception soviétique , offert au musée par l ' Armée Allemande , c'est l 'hélicoptère le plus imposant des pièces exposées


 

ARCHIVES

 

...collecter et conserver tout document susceptible de reconstituer l ' historique d'un aéronef, toute documentation technique nécessaire à sa restauration , toute image resituant son vécu et son utilisation coutumière... Ceci est la mission la moins visible mais sans doute la plus vitale à la démarche générale de préservation et d'entretien du patrimoine . Dans ces locaux à l 'abri de facteurs dégradant les documents avec le temps (poussière ,humidité, ultra violets, moisissures, variations de température etc...) sont préservées tous les témoignages de l' histoire de la giraviation.

L

HISTORIQUE ET MISSION
DU MUSEE DE L' ALAT ET DE L'HELICOPTERE

e musée de l'ALAT et de l'hélicoptère existe officiellement depuis 1983. C'est un service à part entière de TEA.ALAT - base école de Dax qui en assume le soutien. Il fait partie du réseau des musées de l'armée de terre et reçoit à ce titre des directives du général délégué au patrimoine de l'armée de terre, chargé de la politique muséale définie par le CEMAT et responsable du schéma directeur de rénovation des musées de l'armée de terre.

Ce musée a pour mission de collecter, conserver, restaurer, étudier et faire connaître au plus grand nombre le patrimoine de PALAT et de la giraviation française. Lieu de mémoire et d'histoire, il est aussi le conservatoire des traditions et de la culture d'arme propre à l'ALAT. Source d'enrichissement culturel et moral de chacun, il est un outil de formation interne et de communication externe ainsi qu'un moyen de maintenir et de développer le lien Armée- Nation.

Ses collections se composent principalement de près de 60 aéronefs ( dont la moitié ne peut être exposée, faute de place - et de milliers d'objets qui évoquent l'histoire particulière de 1 'ALAT) offrant une ouverture plus générale sur le monde de l'hélicoptère et permettant une approche technique des principes de la voilure tournante.

Le musée de l'ALAT et de l'hélicoptère apparaît comme un ensemble patrimonial remarquable, dont la cohérence et la richesse sont unanimement reconnues et dont la vocation didactique est incontestable. Il est appelé à devenir un lieu de rayonnement pour l'armée de terre en général et pour l'ALAT en particulier, contribuant pleinement à la continuité du lien Nation-Défense tout en s'affirmant comme un établissement culturel sérieux et crédible briguant le label « Musée de France »

 

I REFLEXION ET IMPULSION

S'inscrivant pleinement dans la politique muséale voulue par le CEMAT et sur demande de la délégation au patrimoine de l'armée de terre, le musée de l'ALAT et de 1 'hélicoptère s 'est résolument engagé dans un ambitieux projet de réhabilitation qui devrait, à terme, en faire un pôle majeur de culture, d 'échange et de développement dans le grand sud-ouest.

A cet effet, un conseil scientifique a été constitué. Composé de quinze experts civils et militaires (universitaires, conservateurs du patrimoine, historiens et spécialistes des questions aéronautiques) il est chargé d'élaborer le discours historique et technique qui servira de socle au renouveau du musée. Ce conseil est la caution intellectuelle et le garant de la crédibilité du projet. Une annexe précise les premières orientations données par ce conseil.

Parallèlement à cette réflexion relative au " contenu " scientifique du futur musée, au discours qui sous tendra le parcours muséographique et donnera vie aux collections, il convient de conduire une étude quant à son " contenant ", aux bâtiments destinés à les accueillir et les mettre en valeur.

II LE MUSEE AUJOURD'HUI

Sous sa forme actuelle, le musée se déploie sur une superficie de trois hectares dont environ 8000 m 2 sont bâtis. Il comprend trois hangars métalliques avec appentis attenants formant un triangle, implantés à l'extrémité nord de la base école.
Le premier d'entre eux abrite les espaces d'exposition. Il est ouvert au public. Le deuxième fait office de réserves pour les aéronefs. Le troisième, enfin, abrite une autre partie des réserves, les bureaux et les ateliers du musée.

A. Les atouts

Ces trois hangars de maintenance et de remisage d'aéronefs comptent parmi les premiers construits sur la base en 1957-1958. Ils témoignent des tout débuts de l'activité de l' école. Des générations d'apprentis pilotes, de moniteurs et de mécaniciens s'y sont succédées. Ces bâtiments forment un ensemble cohérent doté d'un fort pouvoir d'évocation et font partie d'un certain patrimoine industriel que l'on tend à vouloir conserver à l'heure actuelle (leur technique de fabrication « type Eiffel » était très particulière et faisait appel à des savoir-faire aujourd'hui disparus comme le rivetage à chaud). Les plots de stationnement hélicoptères, qui jalonnent le parking situé alentour, ainsi que les marquages au sol qui matérialisent le cheminement des machines vers la piste d'envol, concourent par ailleurs à donner à l'ensemble une ambiance, une atmosphère particulière pleinement compatible avec l'esprit de ce musée.
Par ailleurs, ces trois hangars ont une vocation aéronautique évidente. Présenter des aéronefs dans un tel contexte est pleinement cohérent. Enfin, la superficie actuelle des installations du musée permet d'envisager de nombreuses extensions futures (bâtiments ou parkings)

B. Inconvénients

Toutefois, ces hangars sont vétustes et inadaptés aux exigences de la muséographie moderne. Ils n'offrent par ailleurs aucune garantie quant à la bonne conservation des collections. (Absence de chauffage et d'isolation, rayonnement UV...) D'importants travaux sont nécessaires pour transformer cette infrastructure en un musée moderne, garantissant la pérennité des collections et présentant un parcours de visite didactique et attrayant pour le public ainsi qu'une articulation cohérente des espaces d'exposition.

III. LE PROJET D'EXTENSION/REHABILITATION

e projet consiste à étendre les espaces d'exposition en ouvrant à la visite le bâtiment 1018 (qui abrite aujourd'hui les réserves) et en établissant une jonction entre les bâtiments 1017 et 1018. La surface totale atteindrait alors 6000 m 2 et permettrait de redéployer les collections et de les mettre en valeur. Le hangar 1013, quant à lui, serait maintenu en l'état et garderait sa vocation de réserves, d'atelier et de bureaux pour les personnels du musée. Ces travaux permettraient également de déporter l'accès des visiteurs au centre des deux bâtiments pour donner à ce musée une entrée digne de ce nom, d'améliorer les conditions d'accueil du public et de redistribuer les accès aux espaces d'exposition. Ce projet vise également à renouveler le parcours de visite en l'enrichissant de nouvelles séquences tout en améliorant les conditions de conservation des collections et en les valorisant par une scénographie adaptée.

I. Réhabiliter l'existant

ANNEXE I

Point de situation sur les travaux du conseil scientifique

Le conseil scientifique chargé de concevoir le discours historique et technique qui servira de socle au renouveau de notre musée s'est réuni à cinq reprises, en assemblée plénière et en groupes de travail. Les quinze experts civils et militaires (universitaires, conservateurs du patrimoine, historiens et spécialistes des questions aéronautiques) qui composent cette docte assemblée présidée par le général MARTINI, ont fait un certain nombre de propositions résumées ici.

Au fil des débats, une ébauche de programme, synthétisée par le schéma proposé ci-après, a été esquissée. Elle s'articule autour de deux éléments « clés » : D'une part les collections du musée qui, s 1 agissant d'un projet muséal, doivent rester au cœur de la réflexion ; D'autre part un « fil rouge » qui doit conférer une cohérence au projet et qui pourrait être ainsi résumé : «De l'Entreprenant au Tigre, l'Armée de terre dans la troisième dimension. Ce fil directeur est compris sur un mode chronologique borné en amont par la première utilisation d'un aérostat à des fins militaires (Fleurus, 1794) et en aval par les innovations les plus récentes en matière d'aéromobilité. Autour de ce fil rouge, plusieurs « dérivations » sont envisagées permettant de le mettre en perspective. Il s'agira de situer cette thématique dans un contexte historique général et de rendre compte de l'évolution spécifique de l'armée de terre et d'un environnement géostratégique fluctuant qui a souvent déterminé l'emploi et la doctrine d'utilisation des aéronefs.

Un autre volet de la réflexion sera consacré à l'histoire générale de l'aéronautique et aux évolutions technologiques qui ont permis la conquête progressive de ta troisième dimension par l'armée de terre et son utilisation, particulièrement innovante au plan tactique, des aéronefs à voilure tournante. D s'agira, pour chacune des directions énoncées, de distinguer les grandes césures, les « sauts structurels » historiques, humains et technologiques et de les superposer lorsqu e cela est possible afin de bâtir un propos cohérent et hiérarchisé.

Afin d'éviter de produire un discours désincarné, il conviendra d'emblée de tenir compte de la composante « humaine » inhérente à ce projet, et d'associer à la réflexion autour des collée tions, patrimoine « matériel », une réflexion concernant le patrimoine « immatériel ». L'élément humain doit apparaître comme une question tTansverse présente à chaque étape de l'élaboration du discours. Enfin, quatre pôles de travail, inhérents à tout projet muséal, doivent dès à présent être mis en chantier : Conservation des collections (conservation préventive notamment) ; Restauration (élaboration d'une charte déontologique, synergie avec d'autres établissements confrontés à des problèmes similaires) ; Médiation culturelle (étude des publics actuels et potentiels : stagiaires pilotes de l'EAALAT, touristes, scolaires, quelles sont leurs attentes ?) ; Montée en puissance d'une unité documentaire (collecte de nouveaux fonds, mise à disposition du public, travaux de recherche...)

Ces axes d'efforts vont guider le projet de réhabilitation. Cependant, tous ceux qui ont servi ou servent actuellement sous le béret bleu, sont invités à donner leur avis sut le sujet. Ils seront les garants de la réussite du volet « humain » de ce projet. La vie des générations d'hommes et de femmes qui ont donné à l'ALAT ses lettres de noblesse et qui continuent à servir sur tous les théâtres d'opération, ne pourra être restituée dans toute sa dimension, son intensité et sa diversité que si chacun apporte sa pierre à l'édifice : Témoignages, documents d'archivé, photographies, souvenirs, effets et objets personnels font partie intégrante du patrimoine de l'ALAT. Ils ont vocation à « entrer au musée » et il est primordial de ne pas les laisser disparaître.

ANNEXE II

I. ESPRIT DU PROJET

Adossement Musée de l'ALAT/Cité de l'hélicoptère

1. Un musée de l'ALAT

Les premières orientations données par le conseil scientifique s'inscrivent parfaitement dans les directives émanant de la délégation au patrimoine de l'armée de terre : ce musée garde son statut de « musée de l'armée de terre ». Ses collections ont été constituées dans le but de préserver et de mettre en valeur un patrimoine particulier dont la dimension militaire est c onsubstantielle. Aéronefs et matériels de servitude, pièces d'uniformes, armement, emblèmes et insignes, souvenirs personnels des " grands anciens " de l'arme forment l'essentiel du patrimoine qu'il abrite et lui confère son unité. Ce noyau initial doit être préservé. Il ne s'agit pas de sacrifier la raison d'être originelle du musée, ce qui en constitue l'âme. Le fil directeur choisi par le conseil scientifique : « de l'entreprenant au tigre, l'armée de terre dans la troisième dimension » est en cohérence avec l'essence du musée.

Une aventure humaine

La nécessité de prendre en considération la dimension humaine doit également guider notre action. La configuration actuelle du musée est à cet égard inadéquate. Deux espaces distincts - une galerie historique et un hall aéronefs - coexistent aujourd'hui. Cette disposition, conditionnée par l'installation du musée à l'intérieur d'une infrastructure préexistante (hangar aéronautique avec appentis attenants) et dictée par la configuration originelle des lieux, n'est pas complètement satisfaisante. Elle donne l'impression d'une césure entre la vie des hommes et celle de leurs machines : La galerie historique retrace une aventure humaine, celle des équipages qui, sur tous les théâtres d'opération, ont donné à l'aviation d'artillerie, l'ALOA puis l'ALAT ses lettres de noblesse. Le hall d'exposition présente, quant à lui, une collection d'aéronefs simplement juxtaposés. Extraits de leur contexte militaire, ils semblent présentés pour leurs caractéristiques techniques plus que pour leur participation à des missions opérationnelles même si des efforts ont été faits pour installer des mannequins aux commandes des machines et proposer aux visiteurs des explications accompagnées de clichés sur des cartels placés à proximité.

Or, les deux entités sont indissociables. Les aéronefs présentés ne sont pas de simples « objets techniques ». Ce sont des machines dotées d'une existence propre. Us doivent apparaître comme les témoins et acteurs d'une épopée singulière. Ces appareils ne seraient rien sans les hommes qui les ont fièrement servis. Leurs sorts ont été, à un moment de leur existence, intimement mêlés. C'est leur participation a une aventure humaine qui justifie leur présence au musée. Aussi est-il primordial d'améliorer la mise en contexte de ces aéronefs et de redonner cette dimension humaine à leur présentation.

L'évolution dans l'emploi des aéronefs à voilure tournante sera également évoquée. Dans le domaine militaire, leurs missions se sont multipliées : D'abord utilisés pour l'observation et réglage de tirs d'artillerie, les évacuations sanitaires puis le transport de troupes, ils ont été progressivement équipés et armés pour devenir de véritables systèmes d'arme opérationnels de jour comme de nuit et des plates formes indispensables de liaison et d'aide au commandement...

Un musée d'histoire

Cependant, si ces collections évoquent une histoire particulière, miroir de l'histoire d'une composante jeune, moderne et innovante de l'armée de terre, elles s'inscrivent également dans un contexte historique plus général. Celui, en particulier, des conflits contemporains présentés sous l'angle de l'évolution des missions de l'ALAT et des progrès techniques et tactiques que ses promoteurs ont su impulser et pérenniser.

Ce musée à donc également vocation à être un authentique lieu d'histoire, jalonné de tableaux évoquant certains épisodes majeurs - et quelquefois mal compris - du XXème siècle (guerres de décolonisation, guerre froide et bipolarisation du monde, chute du mur de Berlin et conséquences géostratégiques, nouvelles menaces, engagement récent des armées françaises sur divers théâtres d'opération...)

Cette approche historique doit se faire en adoptant une présentation objective et purement historique qui interdit tout prosélytisme mais donne toute sa place au devoir de mémoire et à la promotion de l'esprit de défense auprès des visiteurs.

C'esl à cette condition que notre musée pourra apparaître comme un authentique lieu d'échange entre les Français et leur armée concourrant au maintien du lien armée-Nation.

2. Une « cité de l'hélicoptère »

Les aéronefs exposés portent également témoignage de l'excellence de l'industrie aéronautique nationale, en particulier dans le domaine de la voilure tournante, et sont un hommage aux pionniers français de ta giraviation sans lesquels la grande aventure de l'hélicoptère n'aurait pas été possible. Ce musée aura également vocation à être le " grand musée " consacré à l'hélicoptère qui fait actuellement défaut en France.

L'histoire des pionniers de la voilure tournante, dont beaucoup étaient français et ont consacré leur fortune et risqué leur vie pour faire admettre l'idée d'un possible vol vertical, mérite d'être racontée. Il est également important de rendre compte de la dialectique entreten ue, à partir du milieu du XX e ™ siècle, entre l'armée de terre formulant des besoins spécifiques et les innovations de plus en plus ingénieuses conçues, en retour, par les industriels. Il s'agira de montrer comment ces deux partenaires se sont mutuellement nourris de leurs avancées réciproques. L'ALAT française fut la première à théoriser l'utilisation tactique de l'hélicoptère. On lui doit également la mise en œuvre des premiers hélicoptères armés, puis anti-char. On s'accorde également à la créditer de l'invention du vol tactique et du concept d'aéromobilité.

Parallèlement, les industriels français ont été les premiers à fabriquer en série des hélicoptères à réaction ou munis de turbomoteurs. On leur doit également, entre autres innovations, l'invention du fenestron et l'utilisation de matériaux composites.

Ces avancées tactiques et technologiques font partie du patrimoine militaire et industriel français et il est nécessaire d'en rendre compte.

Par ailleurs, les misions dévolues aux hélicoptères se sont diversifiées dans le domaine civil : Transport de passagers et de marchandises, évacuation de grands blessés, sécurité, recherche et exploitation de ressources naturelles, travaux agricoles, lutte contre les parasites et les pollutions industrielles, assistance et secours en montagne, lutte contre les incendies de forêt, liaisons off-shore prises de vue... Le champ d'utilisation possible de ce formidable outil qu'est l'hélicoptère est quasi illimité et mérite d'être exploré.

Enfin, le désir de comprendre " comment ça marche ", manifesté par un public de plus en plus large habitué des musées dits de " sciences et techniques ", est une des raisons essentielles qui motivent ce projet. Les potentialités pédagogiques que recèlent les collections du musée sont infinies. Grâce aux moyens de la muséographie moderne, il doit être possible d'expliquer de façon simple le miracle par lequel un rotor composé de pales articulées dans tous les sens et dont le couple est le plus souvent compensé par un rotor de queue, parvient à emporter une importante charge et à se mouvoir dans toutes les directions au moyen de commandes relativement simples.

Ces axes de recherche doivent concourir à concrétiser une idée qui se résume en quelques mots très simples : Donner à l'hélicoptère le grand musée qu'il mérite.

Par ailleurs, l'intention didactique qui sous-tend ce projet se traduit également par l'ouverture au public d'un centre de documentation sur la voilure tournante, déjà riche de 300 mètres linéaires d'archives et de documentation, d'une importante collection de périodiques spécialisés et d'une photothèque conséquente et par l'ouverture de galeries techniques et d'un espace dédié à l'accueil des scolaires.

L'ambition de ce futur musée est donc à la fois de retracer la conquête de la troisième dimension par l'armée de terre et l'invention de l'aéromobilité replacée dans son contexte historique et géostratégique, mais aussi d'évoquer les principes de fonctionnement de l'hélicoptère et de retracer son histoire et les évolutions techniques qui ont permis son essor.

Ce concept d'une « citée de l'hélicoptère », adossée au musée de l'Ai .AT. est de nature à susciter l'intérêt des collectivités locales et des industriels. Les nombreuses évolutions aériennes autour du musée, l'accès à une terrasse belvédère avec vue panoramique, et les opportunités futures de baptêmes

C'esl à cette condition que notre musée pourra apparaître comme un authentique lieu d'échange entre les Français et leur armée concourrant au maintien du lien armée-Nation.

de l'air offertes par l'arrivée d'une société d'hélicoptère privée soucieuse de rentabiliser son parc son autant d'atouts à faire valoir dans ce sens.

LE MUSEE DE L ' ALAT ET DE L ' HELICOPTERE DE DAX

Projet de Rénovation

II. Proposition de séquences jalonnant le parcours de visite

Tech.l : Galeries techniques: Premiers jalons de l'histoire de l'hélicoptère ; De l'antiquité à l'automne 1907 ; de la toupie chinoise au premier vol piloté : premières maquettes, Léonard de Vinci, Launoy et bienvenu, Ponton d'Amécourt et la théorisation du vol vertical, Jules Vernes, Paul Cornu et Louis Bréguet. Comportement de la graine ailée de l'érable en « autorotation »... Principes de fonctionnement d'un hélicoptères, différentes configuration de rotor possibles pour contrer le couple de renversement (coaxiaux contrarotatif, latéraux, en tandem, engrenant, à réaction, avec rotor de queue...), précession gyroscopique, articulations du rotor, contraintes mécaniques liées à la force centrifuge, mystère de la pale avançante/ pale reculante

Hist.1 : Les pionniers : Des aérostiers de la convention à la création de l'armée de l'air de l'armée de l'air (1933) ou comment l'armée de terre apprivoise la troisième dimension.
Hist. 2 : Première guerre mondiale : Avènement de l'aéronautique militaire, essor de l'aviation, disparition progressive des aérostats, premiers aéronefs armés, prem ier raid aérien en milieu hostile ... Tech. 2 : Les contraintes techniques insurmontables liées au vol vertical découragent provisoirement les inventeurs. L'essor rapide de l'aviation met la giraviation sous l'éteignoir. Episode de l'autogire
Hist. 3 : Seconde guerre mondiale : désastre de la campagne de France — réarmement en AFN sur le modèle US et rôle des sections de Piper Cub dans les missions de réglage de tirs d'artillerie. Nécessité pour l'armée de terre de disposer d'une aviation organique contre volonté de l'armée de l'air de contrôler tout ce qui vole : deux logiques s'affrontent

Tech. 3 Avancées significatives dans le domaine du vol vertical avant et pendant la seconde guerre mondiale (Oehmichen, Breguet Dorant en France, Focke en Allemagne, Sikorsky aux USA). Les premiers hélicoptères sont utilisés dans un contexte opérationnel par l'armée allemande

Indochine et Algérie : Naissance et essor de I 'ALAT
Hist. 4 : Séquence Indochine : Banc d'essai, découverte des potentialités offertes par 1 'hélicoptère, machine inconnue jusqu'alors. Au plan tactique, on se rend compte progressivement que l'hélicoptère possède une mobilité bien supérieure à celle de l'avion. Missions principales : évacuations sanitaires (près de 4000) ravitaillement des postes isolés grâce à l'aménagement sommaire d'aires de poser .Le GFHATI est la première unité de l'armée de terre dotée d'hélicoptères .Rôle des avions léger (Morane, L19) dans le réglage des tirs d'artillerie, l'observation, les liaisons de commandement

Tech. 4 : Les premiers modèles fiables et stables d'hélicoptères commencent à être construits en série aux Etats-Unis. (Bell 47, Hiller 360, Sikorsky S 51 et S 55)

Hist. 5 : Séquence Algérie : Début des manœuvres combinées, transports d'assaut, évacuations sanitaires, premiers hélicoptères armés pour l'appui des troupes au sol. L'hélicoptère devient un atout maître dans le Djebel, il permet d'acheminer des renforts sans fatigue et dans des délais très courts, d'entreprendre des recherches et d'acquérir des renseignements en terrain très accidenté. Rôle novateur du GH2, véritable laboratoire de 1 'ALAT moderne. (Premiers hélicoptères armés, vols de nuit 7 hélitreuillage, transport sous élingue... )Rôle de Bigeard qui pratique les premiers « poser d'assaut » grâce aux hélicoptères du GH 2.Les hélicoptères CARGO (S 55, Vertol H21) assurent le soutien et la mobilité des troupes au sol. Ils sont regroupés en en DIH (détachement d'Intervention Héliporté) capables de transporter une demi- compagnie en une seule rotation Les hélicoptères légers (Bell 47, Alouette II, Djinn) assurent les évacuations sanitaires et remplissent des missions d'observation et d'aide au commandement .Les avions légers (Piper L18, L21, L19 assurent des missions d'escorte, de reconnaissance, de réglage de tirs d'artillerie, de guidage de la chasse)

Tech. 5 : Deux réalisations françaises : Apparition de l'Alouette II, premier hélicoptère à turbine construit en série au monde, mise au point du Djinn, seul hélicoptère à réaction produit en série à ce jour.

Hist. 6 : Séquence « base école » : Présentation des principaux Aéronefs utilisés depuis 1957 pour la formation des stagiaires pilotes d'avion et d'hélicoptère. Evocation des Missions de la base école de Dax et des métiers de l'ALAT.

Tech. 6 : La simulation : Présentation des entraîneurs et simulateurs permettant de former les pilotes (différents LMT et possibilité de se mettre aux commandes d'un simulateur)

Hist. 7 : Guerre Froide : Hélicoptère contre char . L 'ALAT de 1962 : Au retour d'Algérie, la menace est essentiellement constituée par la présence des divisions blindées du Pacte de Varsovie massées à 2 heures des frontières françaises. L'hélicoptère conserve ses missions au profit des troupes au sol mais devient également une redoutable plate forme anti-char. (Alouette II et Alouette III SSII) Invention du vol tactique, parade à la vulnérabilité de l'hélicoptère : noyé dans la végétation, pratiquement indécelable, protégé des armes à tir tendu par le relief, furtif et très mobile, l'hélicoptère est devenu un véritable engin particulièrement efficace dans le combat antichar

- Présentation sur écran panoramique d'une séquence de vol tactique.

Tech. 7. Evolution des techniques et des matériaux de construction. (Alouette III puis Gazelle, matériaux composites, simplification des moyeux rotors, fenestron... )

HIST. 8 : L 'ALAT « moderne »
1985 : Création de la 4°DAM, fer de lance de la FAR, dotée de 240 hélicoptères dont 90 Gazelle HOT (360 missiles A/C). L 'ALAT apparaît comme la composante verticale du combat terrestre moderne. Ses missions : renseigner, soutenir, combattre. Mission de HA et des HM. Autrefois cantonnée aux missions d'appui tactique, 1 'ALAT peut être engagée indépendamment et produire un « effet majeur » décisif sur l'adversaire. La DAM est engagé pendant la guerre du Golfe. 126 hélicoptères de 1 'ALAT participent à l'offensive dont 60 gazelles HOT qui détruisent 127 objectifs. ALAT en perpétuelle mutation : capacité d'intervenir de jour comme de nuit, dans les conditions météorologiques les plus difficiles et avec une furtivité sans cesse améliorée. Tech. 8 : Aptitude au vol et au tir tous temps et dans toutes les conditions — Compromis mobilité- vulnérabilité

(Amplification de lumière, imagerie thermique, assistance au pilotage, dégivrages des pales, leurres et contre mesure, détection d'alerte radar, réduction de la signature thermique des appareils, progrès dans l'acquisition des cibles et le guidage des missiles, illumination laser ...)

Hist. 9 : L'aéromobilité aujourd'hui :
Aujourd'hui, malgré la réduction du format de 1 'ALAT, l'armée de Terre n'intervient nulle part sans ses hélicoptères. Exemples récents (Interposition et dissuasion : Licorne en Côte d 'Ivoire, Humanitaire : opération BERYX en Asie du Sud est, Liban...) Nouvelles menaces et nouvelles formes d'interventions (terrorisme, opérations spéciales, interventions en milieu urbain, numérisation de l'espace de bataille et bulle aéroterrestre). Nouveaux matériels Évocation des matériels futurs (Tigre et NH 90).Les hélicoptères deviennent de véritables systèmes d'arme de plus en plus fiables et sophistiqués

Tech. 9 : Les applications civiles de l'hélicoptère
Transport de passagers et de marchandises, évacuation de grands blessés, sécurité, recherche et exploitation de ressources naturelles, travaux agricoles, lutte contre les parasites et les pollutions industrielles, assistance et secours en montagne, lutte contre les incendies de forêt, liaisons off -shore prises de vue

Les salles aménagées récemment dans les appentis des hangars ,évoquent l ' histoire de l ' Alat avec une richesse d'informations portant l 'intérêt du visiteur ; qu'il soit pilote , néophyte, homme mur ou enfant , chacun y reçoit un message didactique adapté. Mais cette présentation fait plus écho à l 'aventure humaine de l 'histoire de la giraviation , tandis que celle des hangars en évoque plutôt l 'aspect technique. Réintroduire en permanence le récit de l 'aventure humaine parallèlement à celui des progrès techniques ou de leur application militaire est au coeur des préoccupations de l 'équipe des quinze experts civils et militaires qui refondent les bases de ce grand musée de la Giraviation .
LA COLLECTION DES APPAREILS RESTAURES ET EXPOSES DANS LES HANGARS

VUES DES NOUVELLES SALLES HISTORIQUES
( inaugurées en mai dernier à l ' occasion du centenaire de l ' hélicoptère )

(

PHOTOS DE L 'ATELIER

Il faut rendre un hommage au service technique du musée et aux bénévoles sans lesquels les restaurations d'appareils anciens seraient bien difficiles à mener à bien, ce sont :

André COULET
Jean Claude LEHRY
Aldo MANFREDI
Gérard MORANT
José RICHE

en haut à droite , derrière le major MORANT , la cellule du PA 22 TRIPACER en cours de restauration

 

Tous nos remerciements vont à ces personnes pour la chaleur de leur accueil .

Un grand merci ira au Capitaine Tristan LEROY , Conservateur du Musée de l' ALAT et de l ' HELICOPTERE, pour son apport essentiel d'informations sur le projet décrit.

SA 341 GAZELLE N°1338
appareil utilisé par le musée pour des actions de communication

à gauche : vue de l 'extérieur
à droite vue de l 'intérieur

Eclaté du turbogénératuer d'air Palouste de TURBOMECA ; motorisait le DJINN SO 1221 , seul hélicotère à réaction , à avoir été produit en série au monde
Ci-dessus à droite :le Capitaine Tristan LEROY , conservateur du musée de l 'ALAT et de l ' hélicoptère, présentant et commentant les récents aménagements des salles historiques effectuéspour la célébration du centenaire de l 'hélicoptère. L'action du conservateur: Il propose des solutions en coordination avec le conseil scientifique et contrôle l'ensemble des dispositions pratiques qui découlent de ces décisions ...
ci-dessous : une alouette III de secours en hautre montagne

 

 

 

 

 

 

 

CI-CONTRE:
PIASECKI VERTOL
H 21 C WORKHORSE

CI-DESSUS:
gazelle SA 349-2 prototype
CI-DESSUS
SIKORSKY H 34 A S 58 MARINE

CI-DESSOUS/
DAUPHIN 1 SA 361 PROTOTYPE

CI-DESSUS
ALOUETTE II SE 31308 A&B